Cavaillon
L'art de cultiver son jardin
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Programme été 2008
des Musées de Cavaillon:
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La situation géographique de Cavaillon, particulièrement favorable, est à l’origine de son rayonnement et de sa prospérité économique.
Au pied de la colline Saint-Jacques, on prend effectivement la mesure de ses atouts. Idéalement située, entre la plaine de la Durance et les Monts de Vaucluse, au confluent de deux rivières, entre la Durance et le Calavon, Cavaillon a exploité rapidement cette position stratégique. Les premières populations ligures ont eu la présence d’esprit de développer des liens fructueux avec Massilia. Cavaillon est devenu assez vite la plaque tournante des échanges marchands entre la cité phocéenne et les villes implantées le long de la Durance.
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A partir de cette époque, bien avant l’arrivée des romains, une activité portuaire originale s’est développée et les mariniers Cavares ont écrit une page capitale dans l’histoire mondiale du commerce maritime. Capitaines de ferry-boat avant l’heure, ils se sont spécialisés en passeur de rivière expérimentés. Des tonnes de marchandises ont ainsi transité pendant des siècles, d’une rive à l’autre de la Durance, à bord d’embarcations construites ingénieusement en outres gonflées. |
La suite de l’histoire de Cavaillon est moins captivante. De l’an 42 de notre ère jusqu’à la révolution française, la situation évolue en fonction des événements historiques. La ville change successivement de visage au grès des caprices du pouvoir. Au Moyen Age, elle passe des mains du royaume de Bourgogne à celles du Comté d’Arles et de Provence. Puis, en 1125, elle subit les conséquence du partage de la Provence entre les Comtes de Barcelone et de Toulouse, devient propriété de ce dernier pour tomber ensuite aux mains des Papes à partir de 1274. Deux fléaux laissent aux XVIème et XVIIème siècles des cicatrices durables. Celles, cruelles d’abord du triste baron des Adret qui pille et incendie le couvent des Dominicains et de la Cathédrale. Et celles, inévitables, plaies incurables de l’obscurantisme, causée par une épidémie de peste responsable de la mort de 4 000 âmes Cavares. Le vent de liberté qui souffle sur la révolution française apaise et réconforte. Cavaillon est alors rattachée la France, patrie républicaine une et indivisible.
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Un détail toutefois mérite l’attention. L’eau détournée de la Durance, via le canal Saint Julien, permet dès le XIème siècle de faire fonctionner des moulins et de se livrer aux cultures délicates de fruits et légumes grâce aux qualités nutritives exceptionnelles du limon charrié par la rivière bienfaitrice. Achard, en 1787, chante les louanges de ces jardins de cocagne et décrète le territoire de Cavaillon « jardin de la Provence ».
De plus, s’il n’existe aucune preuve sérieuse de l’invention du célèbre Melon de Cavaillon sous l’ère des Papes, un fruit à la chair tendre, parfumée, pulpeuse, de couleur orange, gorgée de sucre, ses lettres de noblesse ne souffrent aucune contestation, ni aucune comparaison. Comme les vignes de Châteauneuf-du-Pape mais pour d’autres raisons, le melon de Cavaillon a bénéficié de conditions climatiques favorables. Le climat chaud, ensoleillé, l’abondance de l’eau de la Durance, le limon de la rivière……
Tous ces facteurs climatiques, alliés à la bosse du commerce et des affaires, ont contribué à façonner l’identité de cette région. Rendons nous à l’évidence : les cavaillonnais, au propre comme au figuré, savent cultiver leurs jardins. |
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© Textes Michel Ban : michelban@tele2.fr - © Photos José Nicolas
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