Tourisme > Tourisme Gard
Les Arènes de Nimes Emblème de Nîmes - un crocodile attaché à  un palmier redessiné par Philippe Starck en 1985 Feria de Nimes

Nimes Ville Romaine, en Languedoc


Les arènes de Nimes, 20 siècles d'histoire


Les Arenes de Nimes - © C. Recoura

Des Arènes au coeur de la cité Romaine
La construction des Arenes de Nimes date sans doute de la fin du 1er siècle de notre ère, à une époque où la ville faisait partie de l'Empire romain. On attribuait autrefois la fondation des Arenes de Nimes à l'empereur Auguste, qui fit beaucoup pour cette ville. Contrairement à ce que l'on a cru pendant longtemps, de récentes fouilles viennent de prouver que les Arenes de Nimes ont été construites entre 90 et 120 après J.C., et non un peu avant l'ère chrétienne : le Colisée de Rome, qui aurait servi de modèle, date à peu près de la même période.

La ville de Nîmes s'appelait alors Nemausus, du nom d'une source dédiée au Dieu éponyme, et depuis les années 20 avant J.C., c'était une colonie appelée la Colonia de Neausensis Augusta. Les Arènes de Nîmes - © C. RecouraDans cette colonie, Auguste avait établi un plan d'urbanisme typique d'une ville romaine, construit de splendides édifices et créé une enceinte englobant plus de 200 hectares dont subsiste aujourd'hui la Porte Auguste. A l'époque de la construction des Arènes de Nimes, ses habitants avaient complètement adopté la langue, les lois et les coutumes des citoyens romains. Et comme la population de Rome, celle de Nemausus était passionnée pour les spectacles, en particulier par les chasses et les combats de gladiateurs. Mieux que partout ailleurs, les Romains avaient en effet appliqué dans la province de la Narbonnaise les devoirs du vainqueurs, ceux que le poète Virgile a résumés dans ses vers célèbres de l'Enéide : "Souviens-toi, Romain, que tu dois soumettre les peuples à ton pouvoir, organiser la paix, épargner les vaincus et dompter les rebelles".
Deux avant-corps de taureaux, émergeant d'un frontispice, rappellent déjà l'univers des corridas. Leur présence s'expliquerait par le goût de l'empereur Auguste pour cet animal, car ses ancêtres venaient de la ville qui l'honorait, Thurium.

Intérieur des Arènes de Nîmes - © C. Recoura
Intérieur des Arenes de Nimes - © C. Recoura

Une forteresse habitée
C'est vraisemblablement au VIème siècle que les arènes de Nîmes furent transformées en forteresse par les Wisigoths. Les combats de gladiateurs sont interdits. Le castrum arenae constitue alors un refuge pour la population en cas de danger. C'est un véritable château fort, entouré d'un fossé. Au VIIIème siècle, les Sarrasins chassent les Wisigoths, avant que Charles Martel ne mette un coup d'arrêt à leur avance en 737.

Au XIIème siècle, sous la suzeraineté des comtes de Toulouse, ce castrum devient le siège de la vicomté de Nîmes et de ses vassaux, "les Chevaliers des Arènes", et un château est édifié à l'intérieur du monument. Un véritable village qui comptait encore 700 habitants au 18e siècle, se développe à l'intérieur de l'amphithéâtre avec notamment la construction de deux églises, Saint-Pierre et Saint-Martin. Ce petit quartier desservi par des ruelles perdure jusqu'au début du XIXème siècle.
Au début du XIIème siècle, l'édifice cesse de jouer un rôle militaire lors du rattachement du Languedoc à la France. Le château entre dans les possessions du roi de France et ses représentants l'occupent jusqu'au XIVème siècle, avant d'aller s'installer dans un nouveau château construit sur l'emplacement de la porte d'Auguste. L'amphithéâtre abandonné est alors livré aux particuliers. Les constructions qui l'encombrent (maisons, château des vicomtes, les deux églises) subsistent jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
1786 marque le début du dégagement de l'édifice romain, prélude à sa restauration : maisons, château et chapelles sont démolis pour redonner au monument son apparence antique. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que l'architecte Henri Revoil achève la restauration du monument.


Corrida aux arenes de Nimes
Courses camarguaises

Les corridas et la tauromachie

Le dégagement des arenes de Nimes, commencé sous le premier empire, va rendre le lieu à sa première destination, le sable (arena pour les romains) et le spectacle. En avril 1813, le baron Rolland, Préfet du Gard, propose au ministre de l'intérieur d'ouvrir les arènes au public pour lui donner sa distraction favorite. Il lui écrit : "Le goût qu'a le public pour la course de taureaux est porté jusqu'à la fureur dans ce pays, et nulle part il n'existe aucun emplacement aussi magnifique que celui des arènes."

A partir de 1853 le monument retrouve sa vocation première avec l'organisation de courses de taureaux camarguaises puis de corridas. Aujourd'hui, l'amphithéâtre accueille les corridas pendant les férias, les plus célèbres fêtes locales (Féria de Pentecôte et Féria des vendanges en septembre).

Les règles classiques de la corrida sont établies sur ce schéma : "le paseo" ouvre le spectacle ; les toreros vont défiler en habits de lumière suivis des banderilleros, des picadors et des mules et chevaux qui viendront tirer le cadavre du taureau... Le combat commence avec l'entrée de l'animal qui sort du toril, où il était maintenu dans l'ombre, pour entrer en pleine lumière sur la piste ; le torero l'attend avec sa cape, tente de calmer sa fougue, de le maîtriser, de lui imposer son rythme ; c'est le jeu des passes. La seconde phase fait intervenir les picadors qui, à l'aide de leurs piques, blessent et provoquent la bête ; viennent ensuite les banderilleros qui vont fixer dans la chair du taureau leurs banderilles pour exciter l'animal et le faire lutter. Le combat se termine par le travail de la "muleta" : le toréador, la muleta à la main, amène le taureau jusqu'à épuisement pour finir par "l'estocade" ou "mise à mort".

Si la corrida est le spectacle le plus prisé des arènes, il en est d'autres moins cruels et très appréciés ; outre certains combats sans "mise à mort", les courses à la cocarde, ou courses provençales, connaissent un grand succès. Ce jeu réunit dans l'arène taureau ou vachette d'une part, et razetteurs d'autre part ; il s'agit pour ces derniers de décrocher, à l'aide d'un peigne, la cocarde fixée entre les cordes de l'animal. Ce jeu demande beaucoup de souplesse et de vivacité pour les razetteurs qui doivent éviter les charges et les cornes de l'adversaire en sautant sur les barricades qui entourent la piste.


© Photos : C. Recoura - © Textes Culturespaces - Tous droits de reproductions réservés

SARL Provence.com 1996-2014 | © Avignon et Provence | Tous droits de reproduction réservés | Contactez Provence.com | Plan du site
Photos et textes non contractuels. Les informations sont données sur ce site à titre indicatif et n'engagent en aucun cas la responsabilité de Provence.com.
Vous êtes déjà sur notre guide, accédez à votre Espace client
Hit-Parade