entre l'aristocratie, le clergé, et le tout-venant considéré comme une réserve de main-d'œuvre. Là où les convers, ces auxiliaires religieux issus de la plèbe, sont encore assujettis à un régime de quasi-servage, Bernard de Clairvaux en fait des hommes libres qui partagent pleinement la vie de l'abbaye, participent aux offices et assistent au chapître.
Les journées des Cisterciens sont longues, partagées entre la prière et les travaux des champs aux côtés des convers, entrecoupées seulement de sept heures de repos quotidien.
Les repas des cisterciens sont pris dans le réfectoire commun : quelques maigres plats agrémentés d'un peu de pain et de vin. Lorsque l'on pénètre dans le dortoir collectif, on imagine facilement les moines cisterciens dormant tout habillés à même le sol, éclairés chacun par une fenêtre au levant et une autre au couchant, de manière à profiter de toute la lumière du jour.
Au seuil de l'église, une cellule individuelle, exigue et dénuée de tout confort, marque l'unique privilège de l'abbé cistercien. A l'heure du trépas, les moines cisterciens portés par leurs frères franchissent la porte des morts et reposent sur un autel de pierre brute, revêtus de leur seul habit, avant d'être enterrés à même la terre.
Avec le déclin de l'ordre cistercien, les dortoirs conçus pour accueillir des moines toujours plus nombreux se vident progressivement jusqu'à la Révolution française.