Le pigment est utilisé dans la fabrication des crépis des maisons provençales, parce qu’il résiste à la chaleur et au soleil, mais il entre aussi dans la composition insoupçonnée de certains produits : la croûte de certains fromages, le linoléum, le papier kraft, le carton, la céramique, le caoutchouc ou les cosmétiques.
Le marché de l’ocre chute brusquement au début des années 30 avec l’apparition des colorants de synthèse, à la couleur plus régulière. Aujourd’hui, l’exploitation du site touche à sa fin, mais le Colorado provençal offre son majestueux panorama aux yeux des visiteurs. Des sentiers ont été aménagés pour permettre aux visiteurs de découvrir à pied, à vélo ou à cheval, l’extraordinaire flamboiement du massif rocheux. Attention toutefois aux vêtements : rappelons-le l’ocre est un colorant puissant !
A Roussillon, « la Delphes rouge » comme l’appelait Jean Vilar, le « sentier des ocres » ressemble à une palette de peintre. Pour comprendre le traitement et l’utilisation de ces pigments, la visite du « Conservatoire des Ocres et des Pigments Appliqués », installé dans une ancienne usine d'ocre, s’impose. Au cœur du village, la couleur de la terre se retrouve sur les façades des maisons ou en trompe l’œil sur les portails. Classé parmi les « plus beaux villages de France », ce site magique est un dédale pittoresque de ruelles et de placettes. Une flânerie s’impose de la ville basse jusqu'au sommet du Castrum - le château - et son panorama. Et si l’un des restaurants vous tente, ne résistez pas : le Vaucluse est aussi une région gastronomique. L’agneau de Provence, les tomates, melons, cerises, raisins de table, courgettes et autres poivrons, l’ail et les herbes aromatiques, l’huile d’olive et parfois les truffes sont la base de la cuisine des environs. |