Saint Bénézet : l'homme et le pont
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La légende
de Saint Bénézet
Un jeune berger, du nom de Bénézet, descendit en 1177 des montagnes
de l'Ardèche. Il se disait envoyé par Dieu pour construire
un pont à Avignon. Au début, on le prit pour un fou,
mais il avait entendu une voix venue du ciel lui dictant : "Bénézet,
prend ta houlette et descends jusqu'en Avignon, la capitale du bord
de l'eau : tu parlera aux habitants et tu leur diras qu'il faut construire
un pont".
Un dimanche de fête, pendant que l'évêque d'Avignon
donne sa bénédiction sur le parvis de Notre-Dame, Bénézet
l'interpelle : "Seigneur Evêque, je suis mandaté par
le Tout-Puissant pour construire un pont sur le Rhône"... |
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Raillé par les Avignonnais, le berger est
mis au défi par le prélat de charger une pierre énorme
sur ses épaules et de la jeter dans le Rhône. Bénézet
n'hésite pas un instant, et sous le regard de la foule ébahie,
soulève le bloc de pierre avant de le jeter dans l'eau, aidé dit-on
depuis par une intervention divine, et même par des anges baignés
d'une lumière dorée.
Cette belle légende de Saint Bénézet est passée dans
la ferveur populaire, car la construction du pont a représenté un
défi aux éléments. Le Pont Saint Bénézet est
l'ouvrage le plus ancien construit sur le Rhône entre Lyon et la mer au
XIIème siècle. |
L'histoire
Le pont Saint Bénézet, couramment appelé pont
d'Avignon en dehors d'Avignon, est un pont construit de 1177 à 1185,
reliant la ville d'Avignon à la chapelle Saint-Bénézet.
Long de 920 mètres, il comportait 22 arches et mesurait 4
mètres de large.
En 1226, après le siège terrible que Louis VIII fit
subir à la ville, le pont fut détruit aux trois quarts.
Quelques années plus tard, malgré les interdictions,
les avignonnais se remirent à la tâche et le reconstruirent.
Du précédent pont ne subsiste aujourd'hui que la chapelle
dite basse car le tablier du second pont fut surélevé,
la chapelle St Nicolas est dite chapelle supérieure car construite
sur le nouveau tablier. |
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| A partir du XVIIe siècle, la ville ne put supporter la charge
des travaux d'entretien et de réparation. En 1603, suite à de
fortes crues du Rhône, une arche s'effondre, puis trois autres
en 1605. Les travaux de réparation ne débutèrent
qu'en 1628, interrompus par une épidémie de peste,
le pont ne sera utilisable qu'en 1633. Deux mois plus tard, deux
nouvelles arches sont emportées par le Rhône. A cette époque,
diverses manières sont utilisées pour traverser le
fleuve. Une île, la Barthelasse aujourd'hui, s'était
formée au milieu du lit du fleuve. On partait de la tour Philippe
le Bel, en royaume de France située du côté de
Villeneuve-lés-Avignon (rive droite du Rhône), d'où on
traversait jusqu'à l'île en bac. On traversait ensuite
l'île à pied en suivant un chemin qui menait, par l'intermédiaire
d'un escalier de bois, aux 4 dernières arches du pont pour
finalement atteindre la ville d'Avignon. |
| Le pont menaçait tant de s'effondrer que
les reliques de Saint Bénézet furent enlevées
de la chapelle St Nicolas, en 1674. Elles furent tranférées
au cloître des Célestins. Après plusieurs déménagement
et une profanation en 1791, il ne subsiste que quelques restes de
la dépouille, ils sont conservés à la cathédrale
de Notre-Dame-des-Doms. Du pont lui-même, il nous reste les
quatre célèbres arches et la tour Philippe le Bel,
du côté de Villeneuve-les-Avignon, et bien sûr
la célèbre chanson qui a fait le tour du monde. |
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