Avec l'arrivée des papes, l'agglomération s'est rapidement agrandie et de nouveaux bourgs se formèrent à l'extérieur des murs, le pape Innocent VI commence en 1355 la construction d'une nouvelle muraille protectrice qui englobera les nouveaux édifices. C'est le rempart actuel.
Il était d'autant plus jugé nécessaire par le Pape, qu'en cette époque de la guerre de cent ans, la vallée du Rhône était écumée par des bandes de routiers pour la plupart composées de mercenaires renvoyés par les Anglais après la trève de Bordeaux du 23 mars 1357.
Parmi les grandes compagnies restées tristement célèbres, on retiendra "La Compagnie Blanche", "Les Tards Venus" avec à leur tête un ex-chevalier gascon, Seguin de Badefols, qui prendront Pont-Saint-Esprit dans la nuit du 28 au 29 décembre 1360, "l'armée d'Arnaud de Cervolle" qui avait servi le duc d'Alençon à la bataille de Poitiers, prince pillard, archiprêtre de Velines en Périgord, qui obligea le Pape à lui verser la somme de mille florins le 29 septembre 1358, contre son départ et la levée du siège qu'il avait mis à Avignon. Une fois satisfait, il empoche la rancon et licencie ses troupes sur place. Celles-ci privées de chef furent encore plus dangereuses.
En 1359, les remparts ne sont pas achevés, aussi par mesure de sécurité supplémentaire Innocent VI fait réparer les anciennes portes, afin de former une deuxième ligne de défense, mais en ville, sévissent les Alperugues ou Dampierres qui sèment la terreur.
Au mois de juillet 1359 cette société de scélérats commet d'effroyables désordres, allant jusqu'à rendre les rues impraticables.
Le Pape réagit aussitôt et, inflexible, ordonne une prompte justice. Noyades et pendaisons après de sommaires jugements eurent tôt fait de rétablir l'ordre dans la cité.
Le 8 mars 1360, les hostilités cessent entre la France et l'Angleterre après la signature du traité de Bretigny. Une nouvelle fois la région est envahie par les mercenaires débauchés, qui, livrés à eux-mêmes, reforment des bandes composées, cette fois, en majorité d'Anglais brigands et pillards.
Le Pape imagine alors une sorte de croisade pour libérer le pays.
Il place à sa tête, comme capitaine général du Comtat, le grand prieur d'Emposte en Aragon, Juan Fernandez de Heredia, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem. Ce dernier obtient aprés le siège de Pont-Saint-Esprit que ces bandes iront se battre en Italie, sous les ordres du marquis de Montferrat, moyennant la somme de quatorze mille cinq cents florins d'or, pour laquelle le Pape, les Avignonnais et les Comtadins durent se cotiser.
4 ans plus tard, le 5 novembre 1365, c'est Bertrand Du Guesclin, à la tête des "Pélerins de Dieu" constitués de trente mille croisés, qui est en vue des remparts. Il est chargé par le roi de France Charles V le Sage de purger la vallée du Rhône des compagnies encore existantes, en les emmenant en Espagne pour les remettre à Enrique de Trestamare alors en guerre contre Pedro de Castillo allié du roi d'Angleterre Edouard III. La menace de pillage représentée par cette armée fut, là aussi, évitée grâce à l'absolution de leurs péchés par le Pape et surtout par la remise d'une rançon importante (de 30.000 à 200.000 florins d'or selon les sources).
Les terroristes et autres preneurs d'otages qui sévissent de nos jours n'ont hélas rien inventé... |
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