Atelier Cézanne à Aix en Provence
Dans l'intimité du peintre

Dans cet atelier de lumière et de silence, personne n'entre que lui. Il se retire dans son abri, un lieu de recueillement et de travail où l'on ressent encore aujourd'hui avec intensité la présence du peintre.
Les jours de pluie ou de grand froid, il reste là, au milieu de ces objets familiers qui sont devenus les modèles de ses natures mortes : quelques faïences, des bouteilles, des vases, des fleurs en papier ou des étoffes, des fruits, des pommes surtout, ainsi que des crânes et le petit " amour " en plâtre. " On croit qu'un sucrier ça n'a pas une physionomie, une âme. Mais ça change tous les jours. " écrit Cézanne au poète Joachim Gasquet. " Il faut savoir les prendre, les amadouer, ces messieurs là. Ces verres, ces assiettes, ça se parle entre eux. (…) Nos objets nous soulèvent. Un sucrier nous en apprend autant sur nous et sur notre art qu'un Chardin ou un Monticelli. " |
| Par beau temps, il part peindre " sur le motif ". A l'abri de son chapeau noir ou d'une ombrelle, il plante son chevalet face à la Sainte Victoire, au sommet de la colline des Lauves, le panorama le plus élevé sur sa montagne chérie. " Il y aurait des trésors à emporter de ce pays qui n'a pas encore trouvé un interprète à la hauteur des richesses qu'il déploie ", écrit-il à Choquet, un fonctionnaire amateur d'art devenu son ami.
Près de là se trouve un olivier, remarqué par Cézanne avant même l'achat du terrain. Durant les travaux, il l'avait fait entouré d'un petit mur, pour le protéger. Cézanne le touche, lui parle, l'embrasse parfois. " C'est un être vivant, je l'aime comme un vieux camarade. Il sait toute ma vie et me donne d'excellents conseils " écrit-il à Joachim Gasquet.
Le 15 octobre 1906, alors qu'il peint le cabanon de Jourdan, situé non loin de l'atelier, Cézanne est surpris pas un orage. Il continue à peindre et, trempé jusqu'aux os, s'évanouit. Cézanne voulait mourir en peignant. Il s'éteindra huit jours plus tard, atteint d'une pleurésie.
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