2000 francs : c'est la somme dépensée par Cézanne en 1901 pour acquérir une vieille ferme et 7000 m2 de terrain, sur la commune d'Aix en Provence. Sur la colline des Lauves, planté d'oliviers et de figuiers, bordé par le canal du Verdon, ce terrain offre un panorama unique sur la montagne Sainte Victoire. Cézanne y commande, d'après ses propres plans, la construction d'un atelier. Après dix mois de travaux, en septembre 1902, il y emménage et y regroupe tous les objets qui lui sont chers.
Derrière un portail de bois, dans un jardin " dont la pente va se perdre dans un ruisseau ", la demeure est une bastide provençale que le soleil semble cuire. Au rez-de-chaussée, deux salons, un cabinet de toilette, une cuisine et un petit office. A l'étage, l'atelier à proprement parler, éclairé au sud par deux grandes fenêtres et au nord par une vaste verrière. C'est là qu'il travaille chaque jour durant les quatre dernières années de sa vie.
Chaque matin, en toute saison, il quitte son appartement de la rue Boulegon, qu'il partage avec son épouse Hortense. De six heures du matin à cinq heures de l'après-midi, il travaille dans son " grand atelier à la campagne ". " J'y suis mieux qu'en ville. " écrit-il au marchand d'art Ambroise Vollard en 1903 " Dans tous les coins, des toiles traînaient encore tendues sur leurs châssis ou roulées. (…) Son atelier était dans un grand désordre. " notent les écrivains Rivière et Schnerb, reçus par Cézanne en 1905. L'atelier des Lauves a vu naître les ultimes œuvres du peintre : les grandes baigneuses, le portrait du jardinier Vallier, vues du jardin, natures mortes…
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