Aujourd'hui, la grandeur de son vin n'a d'égale que la beauté de son site en Provence.
La petite route en lacet qui mène au Château de Pibarnon fut arrachée à la garrigue, au début du XXe siècle, par des immigrés italiens. Elle grimpe à travers les vignes et les pins d'Alep en offrant des échappées inoubliables sur le Bec de l'Aigle et la baie de la Ciotat.
Sur la colline, où se trouvait autrefois le télégraphe optique reliant Toulon à Paris, se dresse la bastide de Pibarnon, parfaite réplique d'une bastide du XVIIIe siècle.
De la terrasse, le spectacle est digne du théâtre d'Epidaure. Remodelé à grands renforts de bulldozer, le vignoble en forme d'hémicycle, planté en restanques, ressemble à un magistral amphithéâtre dominant le Cap Sicié et la Méditerranée.
Le cépage Mourvèdre s'exprime à merveille sur ce sol anachronique du Trias, surgi au quaternaire lors du plissement des Alpes et plus vieux de 150 millions d'années que les autres formations locales. Sans ce bouleversement, la colline de Pibarnon devrait se trouver à 500 mètres de profondeur.