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La statue de Sara, Patronne des Gitans, se trouve dans l'Eglise des Saintes Maries de la Mer, à droite au fond
de la crypte, revêtue de robes multicolores et de bijoux.
L'autel central supporte un reliquaire, et contre le
mur se trouve la croix de Procession, portée par les Gitans.
Il faut voir cette crypte au moment du Pèlerinage
de Mai, envahie par la foule des Gitans, illuminée de mille cierges que la chaleur recourbe comme des
serpents.
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Connue dans le monde entier comme la "Patronne" des Gitans, Sara pose à l'historiographe une énigme que
ne semble pas prête d'être résolue. Une tradition camarguaise y voit la servante des Saintes Maries Jacobé et
Salomé en Palestine, et leur compagne sur les bords du Rhône. Une autre tradition, attribuée aux Gitans, y
voit une Gitane qui fut installée sur les rives provençales et qui, la première, accueillit ici même les exilés de
Terre Sainte. Mais quel fondement à cette tradition quand l’Histoire ne mentionne la venue des gitans en
France et en Provence qu’à partir du XVème siècle ?
Si d'autres versions ont été également proposées, en vérité, nul ne sait qui est Sara, ni comment son culte s'instaura aux Saintes Maries de la Mer, où l'on
venait la prier de très loin bien avant la Révolution. Pour les Gitans, qui se reconnurent en elle et l'adoptèrent
comme protectrice attitrée, elle est "Sara-la-Kâli", un mot tsigane qui signifie à la fois "gitane" et "noire".
La première mention de Sara se trouve dans un texte de Vincent Philippon rédigé vers 1521 : "La Légende
des Saintes Maries" et dont le manuscrit est à la bibliothèque d'Arles (13). On l'y voit quêtant à travers la
Camargue pour subvenir aux besoins de la petite communauté chrétienne. Cette pratique de la "chine"
aurait pu, pensent certains auteurs, la faire assimiler par la suite à une Gitane. |
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Les Gitans, eux, ne se posent pas tant de questions. Et ils suivent par milliers, l'étonnante Procession qui, le
24 Mai, après la descente des Châsses, conduit "leur Patronne" de l'Eglise à la mer ; étrange cohorte en
vérité, peuple en marche, cohue débordant des rues étroites que les Gardians à cheval ont du mal à canaliser,
houle de têtes et de visages au-dessus de laquelle oscille la frêle statue portée à bras d'hommes. Les
Arlésiennes lui font bien aussi une escorte d'honneur ; mais ce sont les Gitans qui lancent inlassablement, sur
des kilomètres, cantiques et cris, mille fois répétés : "Vive Sainte Sara". Folklore si l'on veut, mais folklore
inoubliable. On a trop dit de Sara qu'elle avait des allures de l'idole Païenne. C'est oublier que cette foule, à
sa manière, prie. Ce n'est pas vouloir comprendre que ce peuple derrière elle, en marchant vers la mer,
marche aussi vers Dieu. |
Crédit photos : Gilles MARTIN-RAGET - Jean-François MANUEL - SCOPE Jean-Daniel SUDRES
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