Ce n’est pas à l’endroit où un grand homme a vu le jour, ni à celui où il est mort, qu’il faut
lui rendre hommage, mais bien en un lieu qu’il ait aimé. Premier grand improvisateur du
jazz, roi des nuits juanaises, Sidney Bechet vécut avec Antibes une véritable histoire
d’amour, au propre comme au figuré. Son mariage en 1951 fut un évènement national :
trois kilomètres de délire et de mascarade « dans les rues d’Antibes », avec entre
autres Mistinguett et Picasso, entourés de l’immense foule célébrant cette fête solaire
du jazz et de la Joie de vivre. «Jazz à Juan» lui rend hommage à l’occasion du 50e
anniversaire de sa disparition, tout comme il célèbre en cette année le Picasso de « La joie de vivre » et Claude Nougaro, qui naquit voici quatre-vingt ans et dont la
médiathèque d’Antibes accueille manuscrits et dessins.
Vie, mort, joie de vivre... Autant
d’étapes qui jalonnent l’histoire
du jazz et racontent l’Histoire.
Celle d’une musique qui fut à
sa naissance le prolongement
culturel d’une fronde sociale et
politique initiée par les premiers
bluesmen de la Nouvelle-Orléans,
qui n’a cessé depuis de témoigner
et d’accompagner (sinon précéder
parfois) les bouleversements et les évolutions de nos sociétés et de
notre monde.