Les églises aux proportions et aux ornements démesurés, démonstratives et grandioses, ignorent la misère des fidèles, tandis que les moines enrichis montrent peu de goût pour le travail de la terre, et préfèrent s'investir dans les affaires politiques de leur temps. Alors même qu'en parallèle des ordres guerriers, comme les Templiers, se développent, certains jugent urgent de renouer avec la pauvreté et l'humilité des premiers Chrétiens.
Quelques moines créent à Cîteaux, en Bourgogne, une abbaye bénédictine réformée. Eloigné de toute politique, sans vrai pouvoir, le nouvel ordre cistercien reste dans l'ombre de la puissante Cluny jusqu'à ce qu'un homme à l'incroyable charisme, Saint Bernard de Clairvaux, lui donne l'élan de cette grande aventure culturelle et architecturale qui verra essaimer à son apogée plusieurs centaines d'abbayes à travers toute l'Europe. En Provence, les Cisterciens fondent trois abbayes, que l'on nommera plus tard
"les trois sœurs provençales" : le Thoronet, à quelques kilomètres du Luc, Senanque à côté de Gordes, et Silvacane à la Roque d'Anthéron.