I)Géographie et histoire lointaine
Il est d’abord nécessaire de préciser que l’on a retrouvé peu de mentions de Lourmarin dans les écrits avant le Moyen-âge cependant des fouilles archéologiques ont révélé des vestiges datant du Chalcolithique et du Néolithique à 1,6 km de Lourmarin sur le site dit des « Lauzières ». Ensuite, Au Xème siècle avant notre ère, la Provence accueillera des peuples Indo-européens qui amèneront avec eux les principes d’une civilisation prospère et techniquement avancée. De plus, des traces de civilisation romaine ont été mises en évidence, notamment aux abords du passage de la combe où des soldats avaient pour but la surveillance du transit marchand, surveillance qui s’est d’ailleurs révélée très efficace.
II)Au Moyen-âge – La famille des Baux de Provence
L’histoire réelle de Lourmarin commence au Xème siècle puisque le village est érigé entre deux monastères bénédictins du IXè siècle. A l’époque, le village appartient à la famille des Baux, seigneurs du comté de Forcalquier (Durance – Rhône – Isère – Alpes). On pense que Lourmarin a ensuite été transféré au comté de Provence grâce à un mariage mais ce n’est qu’en 1385 qu’apparaît le titre de « seigneur de Lourmarin » à proprement parler.
III)Le nouveau souffle de la famille Foulques d’Agoult
La famille d’Agoult est une famille très puissante à l’époque puisqu’elle possède de nombreuses et vastes terres autour d’Apt et de Cavaillon. Elle prendra possession du village pour plusieurs générations. Dès 1480, Foulques III d’Agoult fait construire le château (partie « Château-vieux ») sur les ruines d’une forteresse du XII è siècle. Plus tard, c’est Louise, sœur de Raymond d’Agoult, neveu de Foulques III qui s’occupera du village puisqu’elle se verra confier la tâche d’administrer l’héritage de son fils encore jeune et orphelin de père. Elle gouvernera Lourmarin avec beaucoup de sagesse, attirera de nombreuses familles vaudoises dans la région et passera même un accord verbal avec elles. Elle fera construire la tour octogonale du couchant. C’est ensuite la descendante de la famille, Blanche de Lévis-Ventadour qui rebâtira le village avec faste en faisant notamment appel à quelques maçons italiens de renom. Elle ajoutera sa touche personnelle en construisant la tour renaissance (partie dite « Château-neuf).
IV)Les guerres de religion
Cependant, dès 1540, ce tableau de prospérité sera vite entaché par les conflits religieux opposant catholiques et protestants au sein du village. Lourmarin devient le théâtre de nombreux massacres et en 1545 le village est entièrement incendié sous les ordres de Meynier d’Oppède. Finalement toute la fin du XVI è siècle sera rythmée par les confrontations religieuses.
En 1720, plus d’un siècle plus tard, une épidémie de peste noire se répand sur le village et condamne plus d’un tiers de la population.
V)Le renouveau économique
Après ces années de terreur et de maladie, le XVIII è siècle ouvre la perspective du renouveau économique. Lourmarin se tourne vers l’agriculture et l’artisanat. On y cultive du blé, du seigle, des olives, de la vigne et des mûres et une première magnanerie est ouverte. C’est l’illustre famille de Girard qui gère la fabrique de soieries et qui sera propriétaire du château de 1801 à 1810.
VI)Du XIXè à nos jours
A l’aube du XIX è siècle, Lourmarin profite de sa situation géographique pour développer le commerce. Une relative prospérité économique principalement due à l’agriculture en découle mais l’apparition et l’extension de l’industrie et l’insécurité croissante vont freiner cet essor et appauvrir le village.
En 1920, Laurent Vibert achète le château pour le restaurer. Il en fait une fondation destinée à accueillir les jeunes talents de la région. Le village retrouve de son éclat progressivement. Plus tard, de grands hommes comme Raoul Dautry, ministre de la reconstruction d’après-guerre devenu maire de Lourmarin, aideront au développement et a l’épanouissement de Lourmarin pour en faire ce qu’il est aujourd’hui, l’un des plus beaux villages de France, village authentique et typique si bien décrit dans les œuvres d' Henri Bosco.
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