Van Gogh l'immortel...
Avant d'aborder la vie et l'oeuvre du peintre Vincent Van Gogh, je me suis longuement interrogé sur la manière de concevoir et de réaliser ce nouveau programme que lui consacre, cette année, CATHEDRALE D'IMAGES. A la manière de Van Gogh, j'ai tout de suite ressenti le besoin de liberté en choisissant de ne pas suivre l'ordre chronologique imposé par les biographes et les historiens de l'art. Cette décision je l'ai prise en découvrant les autoportaits du peintre.
Des heures durant comme un policier traquant les signes anthropométriques sur le visage d'une personne disparue, j'ai eu le temps d'étudier la forme de ce visage, l'ovale, le nez, sans oublier les yeux. Naturellement, et c'est le lot de tous les humains, sous l'emprise du vieillissement la peau se creuse, les rides apparaissent, le temps fait lui aussi son oeuvre !
Un seul élément échappe au temps qui passe : le regard. Chez Van Gogh, toute l'oeuvre passe dans ce regard. Comme il semble que tout ait été dit et écrit sur Van Gogh, il serait donc extrêmement déplacé, voire prétentieux de ma part d'ajouter un chapitre de plus aux nombreux ouvrages et publications que ce peintre hollandais a suscité et suscite toujours à travers le monde depuis sa disparition tragique à Auvers sur Oise, au cours de la journée du 29 juillet 1890.
Solitaire, socialement marginalisé, il nous laisse une oeuvre picturale originale qui ne ressemble à aucune autre, une oeuvre unique faite de privation et de travail et qui témoigne de l'étendue de son génie créatif, explorant toutes les techniques du dessin à l'aquarelle, de l'art expressif du portrait aux couleurs surréalistes de la nature qu'il découvre lors de son séjour en Provence.
Toutes les toiles réalisées durant cette période portent l'empreinte d'un artiste en pleine possession de son art. Que cherchait Van Gogh en traversant la France ? La diversité des paysages au cours des saisons ? De nouveaux visages ? Sans doute cherchait-il un peu tout cela. Mais une des raisons de son voyage entre le Nord et le Sud fut, sans doute, sa quête de la lumière, cette matière irréelle et puissante qui fait chanter les couleurs ! Je ne sais à quel moment Van Gogh a ressenti l'importance de cette lumière, mais j'imagine que le choc émotionnel a dû être très fort, car à partir de cette période, ses tableaux sont éclatants de couleurs.
Parcourant la campagne, de l'aube au soleil couchant, on peut parfaitement l'imaginer, travaillant sur sa palette, coiffé de son chapeau de paille qui le faisait ressembler à un épouvantail, peignant ainsi des journées entières au milieu des champs et des paysans.
Un peintre heureux... simplement heureux ! Il me semble que Van Gogh devait être comme ça, un être simple, un travailleur acharné, mais certainement pas ce malade mental, que l'on a exhibé dans la presse de l'époque ; sans doute était-il exalté, comme beaucoup de créateurs, mais pas fou.... Ca jamais ! Ou alors merveilleusement...
REGIS PREVOT
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