Salon de Provence vit alors une période de grande prospérité économique, basée sur le commerce de l’huile, du savon et du café ; la fabrication du savon ayant pu être développée grâce à l’abondance des matières premières en Provence (huile d’olive dans les Alpilles, soude et sel en Camargue et huiles de graines (coprah et palme) arrivant des colonies par le port de Marseille). L’essor de ces différents types de commerces fut facilité par l’arrivée du chemin de fer en 1873.
Marius vend ses premiers savons sous les marques «Le livre», «Le couteau», «La planète» ou encore «La concorde», et fait également le commerce de l’huile d’olive.
En 1914, mobilisé dès le début du conflit, il laisse à son épouse, Marie Fabre, la responsabilité de la marche de l’entreprise. Pendant quatre longues années, secondée par un vieux contremaître italien, elle assure la fabrication et la vente du savon de la savonnerie Marius Fabre.
En 1927, le succès aidant, la savonnerie Marius Fabre déménage pour les locaux actuels, plus vastes et permettant d’accueillir les immenses cuves nécessaires à la saponification.
En 1950, l’industrie de la savonnerie ne cesse de décliner dans la région marseillaise.
Ce déclin a plusieurs causes :
- l’apparition des produits utilisés dans la machine à laver ;
- la création de nouvelles savonneries dans des régions extra-méridionales ;
- le développement des grandes surfaces qui incitent les consommateurs à ne plus faire de provisions importantes, telles que le savon de ménage.
Bien que de nombreuses savonneries ferment leurs portes, la savonnerie Marius Fabre réussit à surmonter les difficultés du moment.
En 1960, la marque réputée "La sainte Famille" est rachetée aux établissements Roux à Marseille, donnant un nouveau souffle à la savonnerie Marius Fabre.
En 1938, Fernand, le fils aîné de Marius, succède à son père, puis, en 1973, c’est Henri, dernier fils de Marius, qui prend à son tour les rênes de la savonnerie Marius Fabre. Les années sont difficiles, la concurrence des produits dérivés de l’industrie pétrolière étant rude pour le savon de Marseille. Les habitudes ont évolué, la clientèle se modifie.
En 1987, Henri Fabre transmet le flambeau à sa fille cadette, Marie-Hélène, qui travaille à ses côtés depuis plusieurs années, et à son gendre.
Henri Fabre, Marie-Hélène et Robert Bousquet, décident d’assurer la pérennité de l’une des plus anciennes savonneries méridionales.