Une saga un peu oubliée par le Salon de Provence d'aujourd'hui. Retour sur un temps qui laissa à Salon de Provence un important patrimoine architectural et un savoir-faire toujours exploité par deux vaillantes savonneries rescapées de cette belle époque.
Dans la région ne subsistent plus que cinq fabriques de véritable savon de Marseille. Trois dans la cité phocéenne, deux à Salon de Provence. Marius Fabre et Rampal Patou, que beaucoup de Salonais ignorent, ont su perdurer chacune à sa façon.
À l'apogée de sa prospérité huilo-savonnière, Salon de Provence s'étend sur la plaine de la Crau, ouvre des avenues pour desservir les nouveaux quartiers et voit pousser de somptueuses bâtisses d'inspirations éclectiques qui, si elles n'ont pas toutes disparu aujourd'hui, ont connu des destins divers...
Cuit au chaudron
La recette du véritable savon de Marseille n'a guère changé depuis des décennies, ni le matériel de fabrication. Composé de 72 % d'huile, de soude et d'eau, le savon de Marseille cuit dans des chaudrons plusieurs jours, et c'est dans cette « cuite » que réside le secret des maîtres savonniers. Dernière étape avant le coulage de la pâte dans les mises, le relargage ou rinçage à l'eau salée pour neutraliser la soude. Pour être sûr qu'il n'en reste plus, on goûte le savon !
© photos José Nicolas, texte Pascale Huby
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