Le
Décollage de la Montgolfière |
A l'aube dans le Luberon
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Tous
les Jules Vernes sont à bord.
Le brûleur est actionné dans
un vacarme assourdissant, pulsant
l'air chaud à l'intérieur
du nylon qui ondule mollement.
Le ballon quitte le sol pointant
son extravagance et son élégance
vers le ciel. L'ascension est étonnement
rapide sans en donner l'impression.
La montgolfière, vivante,
retrouve ses atomes crochus avec
la voûte céleste :
le ciel est son jardin, le périple
commence.
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Le
sol s'éloigne, un zoom arrière
qui révèle une toute
autre perception du paysage dans
lequel nous évoluons. La nature
semble bien organisée en courbes
fines et surfaces géométriques
des champs de cerisiers, des carrés
de terre cultivés, côtoyant
des sinusoïdes de vignes, des îlots
d'humanités disséminés çà et
là, et d'épaisses touffes
de pinède. Nous sommes à 500m
d'altitude, la montgolfière
vogue maintenant au grès du
vent, dans un silence total, le brûleur
est éteint : un grand
sentiment de liberté s'installe
même si nous avons accepté de
nous confier aux caprices de la nature.
Jacques en profite pour nous confier
quelques notions d'aérologie.
Les décollages se font toujours
tôt le matin pour éviter
les bulles d'air chaud et on atterrit
toujours avant 11h00 pour éviter
les thermiques. Le soir, il faut
décoller quand le gradient
du soleil a bien diminué. "Le
ballon est une bulle d'air chaud
se déplaçant dans des
bulles d'air froid qui sont aussi
grosses qu'une grande ville ! Lorsqu'il
fait 0° le ballon doit être
chauffé à 70° pour
pouvoir décoller ! Plus
les températures sont chaudes,
plus il faut chauffer le ballon,
et celui-ci devient plus lourd dans
l'air. A 140° , la toile brûle !".
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Un
autre ballon commence à se gonfler au sol.
Un concurrent et ami de Jacques veut
tester les conditions météo
et demande par radio de précieux
renseignements à l'aéronaute. "Ok,
j'y vais !".
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Le brûleur
est réactivé pour maintenir
le niveau de vol. Nous prenons de l'altitude
très vite, le ballon, happé par
une bulle d'air suit les hasards aérologiques
qui mènent sur le village de Roussillon.
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© Photos : Camille
Moirenc. Texte : Sandrine Moirenc |
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