laisser faire la nature
Christophe n'a pas attendu que Correns se proclame Premier village bio de France pour amorcer sa reconversion. Tombé amoureux de cette Provence verte en 1983, il a commencé à y travailler son lopin de terre. En 1991, il a jeté par-dessus bord engrais et pesticides. Le fait de ne pas traiter ses cultures lui demande une surveillance accrue. Pas de méthode particulière, il s'adapte à son vallon. "Si une plante est trop fragile pour vivre sans apports, je laisse tomber." Il cultive 2 hectares arrosés de sources, et vit une partie de l'année dans sa cabane bleue, avec sa femme, éducatrice, et ses enfants, très loin de toute civilisation. Un âne, deux ou trois chèvres, quelques poules. "Il faut donner aux plantes les meilleures conditions, pour éviter le curatif. Mais laisser faire la nature n'est pas sans conséquence. Quand quelque chose de grave survient, on est "marron". Nous avons eu un accident de salades une année. J'ai lâché les bêtes dans le champ, elles ont tout nettoyé, et se sont régalé." Belle leçon de recyclage intelligent. Mais à Correns, ils ne sont que deux à pratiquer ce type de maraîchage. C'est peu pour un village qui ne boit que du vin certifié biologique. |