pionniers de l'alternatif
Leur chance à eux, c'est la crise de la vache folle, puis celle des poulets à la dioxine. Pile au moment où ils baissaient les bras, découragés. "Entre 1991 et 1999, je jetais tous les jours des cageots entiers de courgettes biscornues, de tomates vertes craquelées. Je me disais : ce n'est pas possible qu'on ne réussisse pas à leur faire goûter la différence. En 1996, j'ai failli arrêter. Coup de bol terrible pour nous, la vache folle. Depuis, les choses vont mieux." Denise et Daniel Vuillon sont restés à Ollioules, sur l'exploitation familiale, "une terre de 70 ans d'âge enrichie par les anciens", mais ont pris un virage radical en introduisant en France un concept d'économie solidaire cher aux Américains et aux Japonais : des familles motivées par l'envie de consommer autrement s'associent à un agriculteur qui produit autrement*. Concrètement aujourd'hui, à la ferme des Olivades, des groupes de familles se sont engagés en pré-payant, sur 6 mois, leurs paniers : une fois par semaine, les Vuillon les remplissent d'un assortiment étonnant de produits de saison. "Petit à petit, les gens se convertissent. Ils sont séduits." Un exemple de solidarité qui commence à faire école en Provence. |