Miches à l'ancienne |
La route du pain |
Ne vous fiez pas aux apparences |
| Il
fait nuit. Une devanture quelconque, dans une zone commerciale
jouxtant Grignan. Est-ce là l'adresse recommandée
par un habitant de Saint-Andiol, en Ardèche ? |
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Il faut courber l'échine
pour rejoindre l'antre de Claude Eminet. Cheveux poudrés,
teint pâle, il balance des volées de sapin blanc dans
le brasier infernal. D'énormes flammes, montant du foyer,
jaillissent par le gueulard (cloche en fonte percée sur
le côté), qu'il oriente en tous sens pour chauffer
la voûte. Avant d'enfourner, pêle-mêle, tartes
rustiques, miches à l'ancienne (ses préférées),
croissants, baguettes. "Guidé à l'instinct
par la chaleur et l'odeur que dégagent le four", il défourne
bientôt les petites pièces, les dépose, fumantes,
sur les tapis de lin, recommence.
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| Dans le fournil tiède, sombre, exquisement embaumé, Claude confie : "Je voudrais plus tard travailler devant les gens, pour qu'ils sachent comment leur pain est fait." Hypnotisant ballet de la pelle, de l'homme, des flammes. Un douce torpeur nous envahit. Mais l'homme qui "laisse au pain tout son temps pour lever, au levain naturel de farine, d'eau et de pommes fermentées", ne prend guère, lui, le temps de souffler. La dernière fournée est prête. En haut, la lumière est crue, il fait frais. La boutique est pleine. |
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