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POURQUOI L'AMANDIER ?
Cette question est posée tous les jours de réception du public, très intrigué et venu du monde entier.
Tout d'abord, mes relations avec l'amandier remontent à mes plus jeunes années puisque mon BON-PAPA, Victore Lesur, nous conduisait souvent dans sa jardinière tractée par son cheval "Grisé", dans ses propriétés des Costières du Gard plantées d'oliviers, de vignes, et cernées d'amandiers. |
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Nous partions vers le PUECH ROUGE au nord de Saint-Gilles, passant par le Valla de la GAOU, cheminant dans un chemin aux ornières semées de galets de silex secouant sans arrêt l'attelage, mettant les faibles ressorts à rude épreuve !!!
A la vue des premiers amandiers, afin de soulager le pauvre cheval, la première halte nous permettait de faire cueillette des amandes au sol, tombées à terre grâce au Mistral généreux. Nous n'avions aucune peine à les ouvrir entre deux galets, quelquefois fébrilement, blessant ainsi nos doigts inhabiles.
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Ses arrêts n'étaient pas toujours du goût du grand-père pressé d'entreprendre son dur labeur au service de ses cultures, sous l'ardent soleil provençal, mais par contre, ils faisaient le bonheur de Grisé qui bénéficiait là d'un repos bienvenu. C'est donc à partir de ses fruits que j'ai pu apprécier avec délices l'amandier.
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Quelques années plus tard, cheminant en vélo et remorque sur la route de Marseille, au sud de Saint-Maximin la Sainte Baume, à la recherche de bois de chauffage, mon regard a été attiré par un arbre mort, gisant tout près d'un oratoire appelé le Saint-Pilon. Je m'arrête, ouvrant ma sacoche, j'en retire ma scie égoïne et me mets en demeure de débiter cette trouvaille gisant là dans l'attente de ma venue, une chance inespérée, pour moi tellement bienvenue.
Hélas je n'en connaissais pas la résistance, c'était un amandier tellement dur que je dus le débiter à la scie à métaux. Je découvrais là une des qualités de ce bois, l'un des plus denses de France.
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Quelle bonne braise j'allais obtenir avec ces bûches si difficiles à débiter, mes efforts seraient largement récompensés par les futures grillades cuites à point. Arrivé dans mon atelier, au pied de la magnifique basilique inachevée, dans la rue RASPAIL, je détachais la souche du précieux tronc et tombais en admiration devant la couleur de ce bois et les formes harmonieuses qui se dévoilaient à mes yeux éblouis.
En décembre 1953, me voici avec ma petite famille débarquant à Saint Rémy de Provence, par un froid antarctique, boulevard Marceau, dans une maison depuis longtemps abandonnée mais, déjà avec un modeste atelier où je me suis vite attelé à la finition de cette structure en amandier, fixée à un galet de la Durance et appelée depuis : l'INITIAL, elle date donc de 1952 !
C'est en 1976, occupant depuis 1960 l'Ancien Hôtel de Lubières, ayant accumulé une importante collection d'objets en bois découverts dans les Alpilles, le Luberon, la Basse Ardèche, l'Aveyron et le Gard, que j'ai pu montrer au public ces richesses, miroir de la Nature, dans leurs formes, leurs odeurs et leurs couleurs appelées un peu plus tard des "SYLVISTRUCTURES" les structures de la forêt ! |
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Devant le succès reçu à domicile, je me suis alors décidé de présenter ces oeuvres à l'extérieur à partir de 1982 : expositions à Nîmes, Aix en Provence, Toulouse, Forêt de Senart Paris, Lausanne, Saint Martin de Crau, Neustadt, Reims, Troyes, Créteil, Sophia-Antipolis, la Sainte Baume, en 1994, où j'ai sorti, enfin, mon livre "CHIMERES DU BOIS" à compte d'auteur, faisant suite à "COLOMBIERS et PIGEONNIERS DE FRANCE" édité par Massin à Paris. Entre-temps, avec un groupe d'amis, nous avons crée une association :
LES AMIS DE L'ANCIEN HOTEL DE LUBIERES auquel s'est ajouté à l'adresse : MAISON DE L'AMANDIER en reconnaissance de cet arbre mythique qui, depuis, a pu réunir autour de nous une foule d'admirateurs et de promoteurs amoureux de ce végétal tellement admiré dans sa floraison hivernale précoce, unique au monde.
A l'heure actuelle, à l'image de nos amis allemands qui possèdent des milliers d'amandiers chez eux, en bordure des vignes, nous avons offert aux plus Beaux Villages de France des centaines d'arbres, comme nous le faisons pour les villages des Alpilles, afin que bientôt, comme en Allemagne, des fêtes puissent se dérouler lors de la floraison, à la fin de l'hiver pour le bonheur de tous...
© A. et JP. Fizet
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