"Escales à Marseille", thème de la 4e édition
Marseille, la rebelle
Fondée par les grecs, la ville de Marseille ne s’appréhende dans sa totalité que par la mer.
Les chaines de l’étoile et de la nerthe protègent son Lacydon, mais l’isolent des terres du nord. Avec ses 111cœurs villageois, elle a longtemps rechigné à être une ville comme les autres et son développement actuel ne gomme pas ses particularismes. Souvent à contretemps, elle choisit Pompée contre César qui pilla la ville et lui préféra Arles...
Louis XIV, mécontent d’un parlement réfractaire à ses édits, détruit les remparts au canon alors qu’on lui présentait les clés de la ville ! Et commanda à Vauban des fortifications pointant l’artillerie sur la cité. C’est peu dire qu’elle ait toujours entretenu avec le pouvoir central une gouaille rebelle. Les clameurs anti-PSG au stade vélodrome font partie d’un folklore qui remonte à la nuit des temps.
Et pourtant, c’est aux fédérés marseillais qui entonnèrent les premiers à Strasbourg le chant de Rouget de Lisle, que nous devons notre hymne national « la Marseillaise ». Allez donc comprendre...
Une singularité résumée en son temps par un premier ministre, qui, évoquant les problèmes de la ville, conclue à l’extraterritorialité.
Alors Marseille exagère, Marseille exaspère, mais Marseille fait envie. Dans son imaginaire, le port lui sert de sortie, cap au sud ou à Shanghai. Les écrivains y célèbrent tous les départs réels ou rêvés. Dans le labyrinthe de ces ruelles et de ses quais, ceux du Polar s’y sentent chez eux plus encore, ils ont fait école.
Sous le pavillon de Jean Claude Izzo et à la barre Jean Contrucci, ils font aujourd’hui escale chez nous et ca va bouléguer !
Bienvenue à Villeneuve.
Marc Andrieu