Décédé brutalement d’une crise cardiaque le 24 octobre
dernier alors qu’il prévoyait, juste après sa réélection à la tête
du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, d’inaugurer à
Montpellier l’Agora, cité internationale de la danse - résultat
de trente ans d’engagement -, Georges Frêche restera dans
les mémoires comme l’homme politique français qui aimait
la danse. Dès 1981, alors qu’il dirige la mairie de Montpellier
depuis 77, il invite Dominique Bagouet, jeune lauréat du
concours de Bagnolet, à mettre sur pied un festival de danse,
dont Jean-Paul Montanari prendra les rênes de la direction
générale en 83, tout juste avant la création, dans la capitale
régionale, du premier Centre chorégraphique national
français.
Au fi l des années, l’aventure montpelliéraine, qui au
départ suit l’élan décisif impulsé par Jack Lang, s’enracine
localement, régionalement et au-delà des frontières
nationales, en soutenant un double objectif culturel
et architectural : “la danse contemporaine, affi rmait-il
récemment, collait au tempo de la ville” ; il en a enraciné
l’idée au centre-ville, dans un bâtiment rénové et transformé
- la caserne Grossetti, couvent des Ursulines datant du
XIVe siècle - pour “ouvrir un monastère au peuple” en cette “place forte conçue comme un lieu où la culture résiste”.