La mécanisation des terres agricoles du Delta avait, en effet, menacé, ici comme ailleurs, l'existence même de certaines races de chevaux, payant d'une injuste disgrâce ces chevaux, si mal récompensés par l'oubli de leur immuable fidélité. Mais, les hommes, pour la plupart, ont su trouver l'heureuse alternative à ce progrès frustrant et l'élevage du taureau a fait du cheval Camargue, l'auxiliaire indispensable de cette activité.
Robuste, vif et rapide dans l'action, mais aussi rustique, par les rudes tâches qui lui étaient dévolues à l'origine, ce cheval Camargue est plus séduisant que jamais. Sa courte encolure, ses membres forts, son crin fourni et sa robe blanche, que l'on dit grise aussi, en font le compagnon idéal des Camarguais, comme des amoureux de grands espaces. Car, pour aborder cette nature sauvage, pour s'imprégner de ce silence le long des marais immenses, où seuls des bruits d'ailes ou le cri des taureaux se font entendre, le cheval Camargue sera votre meilleur guide, sinon, très bientôt, votre meilleur ami.
Bercé par le choc de ses sabots sur cette terre magnifique, entre ciel et eau, vous goûterez aux instants magiques, où tout devient éternité dans cette complicité étrange et si belle de l'homme et de l'animal.
Annie Montagard